mardi 29 juin 2010

Festival « Sanké Mô » : L’ENTHOUSIASME, TOUJOURS


Le journal l'Essor-Mali du 29 Juin 2010.

La pêche collective qui figure sur la liste des patrimoines en péril de l’Unesco, aspire à accéder à la liste du patrimoine culturel immatériel représentatif de l’organisation onusienne.

L’engouement populaire pour le « Sanké Mô », la pêche traditionnelle qui programmait sa 610è édition, reste toujours vif dans la ville de San et environs. La pêche a donné naissance au festival « Sanké Mô » dont la troisième édition a vécu la semaine dernière. Autorités administratives et politiques, populations riveraines ont communié dans une parfaite symbiose durant toute la semaine. Il faut dire que le festival « Sanké Mô » a eu l’honneur de figurer cette année au cœur de la célébration de la semaine nationale du patrimoine culturel. La fête se déroule dans le contexte particulier créé par le cinquantenaire de l’indépendance de notre pays. Le ministre de la Culture, Mohamed El Moctar, plusieurs membres de son cabinet et le directeur national du patrimoine culturel, Kléssigué Sanogo, étaient également la fête. Causeries et conférences-débats sur l’histoire de la ville et de sa pêche traditionnelle, excursions, visites touristiques sur les lieux sacrés ont permis aux festivaliers de mesurer la richesse de San et du « Sanké Mô ».

 Côté festif, la jeunesse sanoise n’a pas manqué le rendez-vous. La semaine durant, la ville de San a pétaradé au rythme des motocyclettes et des véhicules dont les propriétaires avaient sciemment ôté le silencieux du tuyau d’échappement. Le fracas des culbuteurs en liberté a donné de l’ambiance aux festivités mais n’a pas manqué de susciter des interrogations légitimes chez les organisateurs. "Cela fait plus de six siècles qu’on fête le « Sanké Mô ».

Il n’y avait pas de motos, ni de voitures. Mais aujourd’hui, nous assistons à ce phénomène de rallye. C’est vrai que la pratique fait vivre la ville durant le festival mais il faut reconnaître qu’elle dépasse de plus en plus l’aspect festif. Nous déplorons aujourd’hui des blessés et même des morts d’hommes. Ce qui est contraire aux principes d’un festival qui est censé être une fête. Nous devons chercher à circonscrire cela à tout prix", insiste le président de la Commission d’organisation, Seydou Traoré.

 Pour ce faire, il a préconisé des actions conjointes avec la police pour réglementer et discipliner "Roule Sanké Roule". Les jeunes seraient formés au Code de la route, mais aussi et surtout sensibilisés aux dangers de la mauvaise conduite pour les populations, mais aussi pour eux-mêmes, indique Seydou Traoré. Le « Sanké Mô » constitue un élément important de notre culture comme en témoigne son inscription en 2009 sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO).

 Au même titre que trois autres de nos symboles figurant sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité : l’espace culturel du Yaaral et du Degal (2008) ; la Charte du Mandé (2009) et la réfection septennale du toit du Kamabulon, la Case sacrée de Kangaba (2009). Cependant, avertit le directeur national du patrimoine culturel, cette inscription n’est pas une fin en soi.

 "Sanké Mô n’a pas encore obtenu la place qu’il mérite. Pour le moment, il est inscrit sur la liste des patrimoines en péril de l’Unesco. À ce titre nous devons faire en sorte qu’il soit inscrit sur la liste du patrimoine culturel immatériel représentatif de l’organisation onusienne", indique Kléssigué Sanogo, lors de la conférence-débat qu’il a animée sur le thème : "les mesures de sauvegarde du « Sanké Mô », rite de pêche collective dans la mare Sanké".

 Pour atteindre cet objectif, Kléssigué Sanogo propose des séances d’information et de sensibilisation des populations sur la convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel et les textes juridiques nationaux. La formation du comité local de gestion du « Sanké Mô » en gestion d’un bien du patrimoine immatériel ; la recherche documentaire sur le « Sanké Mô » ; la collecte des traditions orales, notamment les contes, les proverbes etc ; la création d’émissions radiophoniques nationales sur le « Sanké Mô » ; l’organisation d’une exposition photographique itinérante sur les menaces et la problématique de la transmission des pratiques liées au « Sanké Mô », rite et pêche collective dans la mare Sanké ; la formulation de recommandations sur la consolidation du « Sanké Mô » et la production de rapport sont des axes autour desquels s’organisent les actions de sauvegarde envisagées par la direction nationale du patrimoine culturel, a précisé Kléssigué Sanogo.

LE RITUEL OBSERVÉ

 Le Sanké Mô, rite de pêche collective dans la mare de Sanké, a lieu tous les ans pour commémorer la fondation de la ville de San. Ce rite est en cours depuis l’an 1400 et commence toujours par des offrandes aux esprits de l’eau, avant la ruée des pêcheurs munis de filets traditionnels confectionnés pour l’occasion, a rappelé Kléssigué Sanogo.

Cette année, ce rituel a été observé. Toute la matinée de jeudi, la ville bruissait aux sons des tam-tam bwa de Térékoungo et de Parana, deux localités situées à quelques encablures de San. Dans les familles fondatrices de la ville, les femmes s’activaient à la préparation de la fameuse crème traditionnelle "le Mukufara" et des autres mets destinés à assouvir les gourmandises. Un moment très attendu par les mioches ! Côté officiel : le ministre de la Culture, Mohamed El Moctar, et sa délégation ont rendu visite au chef de village, Salia Traoré, et à l’imam, Allaye Daou.

 Les notabilités ont exprimé leur reconnaissance au président de la République et à l’ensemble du gouvernement pour les efforts consentis pour le bonheur du peuple malien. L’après-midi a été consacrée à la pêche proprement dite dans la mare « Sanké ». C’est aux environs de quatorze heures que la délégation ministérielle, précédée par une foule des grands jours, a rallié la mare. Des bruits d’engins, des cris de joie et d’extase, des battements de mains et des chants de jeunes filles amplifiaient le son des tambours bwa accompagnant la procession vers la mare.

 Sur place, le rituel ne pu être respecté à la lettre. La foule impatiente se rua dans les eaux troubles dans un rush indescriptible. Ce qui ne doucha outre mesure l’enthousiasme du ministre, Mohamed El Moctar qui a promis de s’investir pleinement pour pérenniser ce qui constitue désormais l’enfant de tous : le « Sanké Mô » .

 D’ores et déjà, le ministre donne le ton : "C’est le meilleur support pour rehausser l’image de la culture malienne en particulier et en général l’image de notre pays. Cette pêche doit être pérennisée. Je suis très heureux de l’engouement que cela suscite auprès de toute la population sanoise. La tradition est préservée et nous sommes heureux de constater que la relève est assurée. Nous ne regrettons pas d’avoir choisi le festival pour célébrer ici la semaine nationale du patrimoine culturel.

 La fête se doit être complète et je pense que cela a été le cas. Nous mettrons tout en oeuvre pour maintenir cette dynamique", a-t-il promis, avant de saluer les initiatives du président de la République pour la construction de salles de spectacles dans tout le pays. Les organisateurs ont profité de l’occasion pour exprimer leur reconnaissance aux différents partenaires, dont l’AMAP qui, depuis trois ans, les accompagne pour la réussite du festival.
 
Par Lassine Diarra.
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samedi 26 juin 2010

Nock Ag Attia député de Diré : "Ce n'est pas un festival politique "



Le journal Bamako Hebdo du 26 Juin 2010.

Le député de Diré, Nock Ag Attia a été surpris par la mobilisation, le nombre de participants au festival de la concorde. Il nous a livré ses impressions dans l’entretien qu'il a bien voulu accorder au quotidien Bamako Hebdo. 


Est-ce que vous vous attendiez à une telle mobilisation ?

Nock Ag Attia : les populations de Diré et moi sommes très contents de ce qui a été fait. Je vous assure que, le jour où les initiateurs de ce festival ont décidé de faire cette rencontre, on ne pensait pas à une telle mobilisation. Surtout à une telle réussite, mais aujourd'hui tous les 13 cercles de Diré et voisins sont contents de ce qui a été fait. Pour ma part, je remercie les femmes et les hommes, qui ont initié ce festival à Diré. Je donne l'assurance que ça va continuer.

Qu'est ce que vous allez faire pour éviter les difficultés rencontrées de cette année ?

Vous savez, pour chaque activité, au début il y a des difficultés. Ce n'est pas seulement à Diré. Même à Bamako ou on organise plus qu'à Diré des activités, la première fois est difficile. Diré, c'est un cercle de paysans et d'éleveurs. La majorité c'est des broussards. Donc s'il y a des difficultés au début, dans les années à venir et plus précisément l'année prochaine, nous allons commencer à rectifier le tir.

Les gens avaient peur que le festival n'allait pas marcher qu'est ce que vous avez fait pour que tout le monde y participe ?

Vous m'excusez, moi personnellement je n'ai jamais pensé que ça ne va pas à Diré. Les 99,5% des Diriens étaient pour. Donc s'il y a des brebis galeuses, elles vont rester dans leurs erreurs.

Vous étiez là quand Diré a été section pilote avec palme au moment de l'UDPM, aujourd'hui député Adema qu'est ce que ça vous fait ?

Voilà ! Je vais vous confirmer que pour ce festival, il n y a ni Adema, ni URD encore moins Mouvement Citoyen. Il ne faut plus me dire que je suis là pour un parti politique. Je suis là pour Diré, son union, l'entente et la paix pour le bonheur de nos populations.

Vous avez parlé de développement du cercle ?

Le développement de Diré a commencé avant votre arrivée. Je vais donner certaines preuves. A Diré, le sac de 100 kgs de riz décortiqué coûte 27 500 FCFA. Même si vous voulez 100 tonnes, vous achetez comme ça. Le blé c'est à 17500 FCFA et c'est du blé local. Ce n'est pas venu de Thaïlande ou de je ne sais où. Donc le développement de Diré ça ne fait que commencer et on souhaite que ça se renforce. Les animaux sont maigres parce que nous sommes au mois de mai.

Avez-vous un appel ?

Je demande aux jeunes de changer la situation de Diré. Il n y a rien sans erreur. Mais avec la qualité je pense que nous trouverons des solutions aux erreurs du passé. Il faudra qu'on oublie les erreurs passées pour se pencher sur l'avenir. Comme aux jeunes, je demande aussi aux femmes, qui constituent la garantie de l'avenir, de se mobiliser pour qu'on amorce le vrai développement qui ne peut pas se faire sans elles.

Est-ce que l'objectif du festival a été atteint ?

Nock Ag Attia : Vous étiez là non ? Jugez vous-même. En tout cas, pour ce qui nous concerne, on sait que ça été atteint à 99,5%. C'est pourquoi je remercie le petit groupe d'hommes et de femmes qui ont initié cette affaire. Je vous demande de les remercier tous parce qu'ils ont fait quelque chose que Diré n'a jamais fait. Que le bon Dieu nous donne longue vie. Les années à venir vous allez voir ce qu'on va faire. On demande aussi à vous les journalistes de nous excuser parce qu'on ne connait pas en matière d'organisation des événements de ce genre.

 
Propos recueillis par Kassim TRAORE

jeudi 24 juin 2010

Livre : "ANAÏSSOUNE OU AU TEMPS DE LA BARAKA", UNE ODE A LA TERRE-MÈRE






Le journal l'Essor-Mali du 23 Juin 2010.

"Anaïssoune ou au temps de la baraka" est le titre d’un livre publié par le Pr Younouss Hamèye Dicko aux éditions Jamana. L’ouvrage a été présenté au public par son auteur, samedi dernier, dans les locaux du Musée national.
L’événement s’est déroulé en présence du Pr NTji Idriss Mariko, du directeur des éditions Jamana, Hamidou Konaté, du directeur du Musée national, Ismaël Sidibé, des parents et amis de l’auteur ainsi que de nombreuses personnalités des lettres et des arts de notre pays. "Anaïssoune ou au temps de la baraka" est un récit autobiographique de 222 pages qui retrace l’enfance de l’auteur dans son Gourma natal, à une époque marquée par une abondance relative.

 L’ouvrage fait découvrir cette époque bénie de la baraka, sur une terre où le lait coulait à flots, où le retour des jeunes voyageurs dans leurs familles, ancêtres de nos migrants, était un motif de joie et de réjouissance. Il évoque le déchirement que l’école française a produit dans les cœurs et les mille aspects captivants de la vie sahélienne.

 Le tout raconté dans un style simple et accrocheur par le jeune Anaïssoune, au milieu des dunes de Rakia (une île où l’auteur passait l’hivernage auprès de ses parents). À propos de "Anaïssoune" (nom affectueux de l’auteur), le Pr Maria Del Pilar Nuin Gogorza, qui a préfacé le livre écrit : « Il est des enfants, qui dès leur enfance, ont réfléchi à ce qu’ils voyaient dans leur famille, qui, dès leur enfance, ont été captivés par la beauté morale de leurs pères, par la grandeur et la magnificence de leur milieu naturel ».

 "Anaïssoune" est un enfant qui voue un amour passionné à ses parents, une admiration et un respect sans borne aux valeurs de son éducation peule. "Anaïssoune" c’est aussi un enfant que l’envoûtement de la terre sahélienne a séduit à vie. L’auteur explique qu’il a écrit ce livre non parce qu’il est écrivain, pour avoir déjà écrit deux premiers ouvrages, mais pour restituer à la génération présente les valeurs de solidarité, de paix et de cohabitation pacifique qui ont longtemps caractérisé la vie des peuples du Gourma.

 Peulhs, Songhay et Tamasheq se partageaient l’espace désertique d’un Gourma qui vivait au rythme de la succession des saisons, chacune venant avec ses rigueurs. Hommes et bêtes doivent s’y adapter. Le récit est captivant. "Anaïssoune" qui est allé à l’école à la place de son grand frère nous restitue le pastoralisme peulh, songhay et tamasheq avec en toile de fond les joies et les peines des différentes communautés ayant reçu en héritage ce mode de vie.

 La colonisation européenne à la fin du XXIe siècle et l’institution de l’école européenne pour laquelle "Anaïssoune" est sollicité malgré l’avis de ses parents, mirent fin à cette vie nomade et orientèrent le monde vers l’Ouest alors que jusque-là tout, y compris les prières, était à l’Est. Rappelons que Younouss Hamèye Dicko est l’auteur deux autres ouvrage que sont : "Il était une fois cent et une îles sur la Neva" (Lino 1984) et "Les sables rouges de Kounti" (Edim 1988). Professeur de mathématiques et physique, Younouss Hamèye Dicko a été directeur de l’ORTM et ministre.
Par Baye Coulibaly
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http://www.rsbiko.com/La-colere-du-Pr-Younouss-Hameye.html

dimanche 20 juin 2010

Semaine nationale du patrimoine culturel : LE SANKE MO A L’HONNEUR POUR LE CINQUANTENAIRE





Le journal l'Essor-Mali du 18 Juin 2010.

Notre pays célébrera du 24 au 26 juin la Semaine nationale du patrimoine culturel.

La manifestation sera consacrée cette année au patrimoine oral et immatériel et particulièrement au Sanké Mô, une pêche collective à la fois festive et sacrée. Cette manifestation a été classée en octobre 2009 sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO nécessitant une sauvegarde urgente.

 Ce classement est à la fois un honneur et un défi, car il faut désormais éliminer les menaces qui pèsent sur la survie de la manifestation. Rappelons que la Charte du Mandé et la réfection septennale du toit du Kamabulon, la case sacrée de Kangaba, sont également classées au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO.

 Le ministère de la Culture, à travers la direction nationale du Patrimoine culturel (DNPC), annonce une édition spéciale à l’occasion du Cinquantenaire de l’indépendance. Il est prévu d’organiser des conférences dans chacune des régions administratives du pays. Des cadres de l’administration et des autorités coutumières se retrouveront pour débattre du cas du Sanké Mô afin de mieux faire comprendre pourquoi et comment cette manifestation a été classée sur la liste du patrimoine immatérielle de l’UNESCO.

 L’on pourra alors identifier de nouveaux éléments dans les régions qui seraient restés dans l’ombre malgré l’opération d’inventaire du patrimoine culturel entamée depuis un an. Ces informations ont été fournies par le directeur de la DNPC, Kléssigué Abdoulaye Sanogo, lors d’une conférence de presse organisée mercredi dans la salle de conférence du ministère de la Culture. Une conférence dirigée par le chef de cabinet du département, Abdoulaye Alphadi Baby.

 La Semaine nationale du patrimoine culturel qui se déroulera à San sera une opportunité de prendre contact avec les différentes associations de la localité en vue de cerner les menaces qui pèsent la manifestation et de tenter d’y trouver des solutions. La pêche collective dans la mare Sanké a lieu à San (Région de Ségou), tous les deuxièmes jeudi du septième mois lunaire pour célébrer la fondation de la ville.

 Le rite est organisé tous les ans depuis 1400. Il commence par des sacrifices et des offrandes aux esprits de l’eau. Le clou de l’événement est la pêche collective qui se fait à l’aide de filets à larges et à petites mailles de fabrication artisanale. Cette pêche collective est immédiatement suivie d’une danse masquée sur la place publique, dans laquelle se produisent des danseurs Bwa de San et des villages environnants.

 Les danseurs arborent des costumes traditionnels et exécutent une chorégraphie particulière à la cadence de divers tambours. Le Sanké Mô annonce le début de l’hivernage. Le rite est également l’une des expressions fortes de la culture locale, à travers les arts du spectacle et l’artisanat, ainsi que les manifestations liées à la connaissance de l’univers et le savoir et savoir-faire liés à la pêche et aux ressources hydriques.

 La manifestation renforce la cohésion sociale, les valeurs de solidarité et de paix entre les communautés locales. Elle est en cela un cadre de manifestation de la diversité des expressions culturelles. Cependant depuis quelques années, elle est menacée par des difficultés dues à des facteurs culturels et environnementaux. Au nombre des menaces, on peut citer l’ignorance de l’histoire et des traditions par les jeunes générations.

 La chance est que la quasi totalité des habitants de San reconnaissent le Sanké Mô comme un élément important de leur patrimoine culturel, et une expression majeure de leur vision du monde basée sur la tolérance religieuse, facteur pouvant faciliter la transmission des connaissances et pratiques traditionnelles. Le Sanké Mon offre toujours aux communautés, dans leur diversité ethnique, l’occasion de célébrer leur histoire commune à travers de nombreuses manifestations culturelles.

 La manifestation est soutenue par les chefs traditionnels qui s’emploient d’année en année à mobiliser les jeunes générations dans le double objectif de leur transmettre les connaissances sur l’histoire de la communauté et de promouvoir le respect des pratiques culturelles traditionnelles. Ils sont aidés en cela par les responsables locaux et nationaux.

 Ainsi, depuis deux ans, à la traditionnelle pêche collective qui devrait être cette année à sa 610è édition, s’est greffé le festival "Sanké Mô", une innovation introduite par l’Alliance "Dofèra et Banabako" et l’Association "Entente de San". Ce festival organise diverses activités : conférences sur l’histoire et l’origine de la fête, foire agricole, danses et lutte traditionnelles, marionnettes et veillées des chasseurs et un déjà fameux rallye "Roule Sanké roule", une randonnée motorisée à travers la ville qui offre l’occasion aux motocyclistes de parader et d’exhiber leur maîtrise des deux roues.

Youssouf Doumbia.

vendredi 18 juin 2010

L’apport de la culture dans le PDES : Les bons points du ministre El Moctar




Le journal l'Indicateur Renouveau-Mali du 18 Juin 2010.

Trois ans après sa nomination à la tête du département de la Culture, le ministre Mohamed El Moctar a imprimé sa marque dans la conduite des affaires et impulsé une nouvelle dynamique à la promotion et à la valorisation des initiatives et des expressions culturelles. De la pérennisation des grandes manifestations artistiques et culturelles à l’ouverture de gros chantiers (tels la construction d’infrastructures de spectacles et l’inventaire du patrimoine culturel national), en passant par le rayonnement de notre culture à travers le monde, le bilan est globalement satisfaisant et constitue un réel motif de satisfaction pour les acteurs du monde des arts et de la culture.

En octobre 2007, à l’annonce de la composition du nouveau gouvernement dirigé par Modibo Sidibé, lorsque le choix a été porté sur Mohamed El Moctar pour tenir le portefeuille du ministère de la Culture, les observateurs s’accordaient sur un fait : l’immensité du défi qui l’attend. Le Chef de l’Etat n’en pensait pas moins dans son Programme de développement économique et social (PDES) qui ambitionne de faire de notre culture une véritable industrie pouvant nourrir ses hommes. Près de trois ans plus tard, le bilan est véritablement satisfaisant. En témoignent de nombreuses actions entreprises dans le cadre de la valorisation et de la promotion des initiatives et activités culturelles.

Vers la concrétisation du projet «Inventaire général du patrimoine culturel».

Initié à travers la Direction nationale du patrimoine culturel (DNPC), le projet « Inventaire général du patrimoine culturl » constitue l’un des vastes chantiers culturels des dernières années. Par cette initiative, le département de la Clture s’est fixé comme défi de garder la mémoire des faits et de la créativité des différentes composantes du peuple malien dans sa pluralité et sa diversité, et cela, en conservant et faisant promouvoir tous les éléments significatifs du patrimoine tangible et intangible au niveau national. Bref, l’outil essentiel qu’est l’inventaire du patrimoine culturel devra permettre l’identification et la connaissance de l’héritage culturel en tant que moyen d’apprécier son état de conservation, ses valeurs et son interprétation.

Sur un autre plan, la présence remarquée de la culture de notre pays à l’extérieur lui a valu le mérite d’abriter plusieurs rencontres de haut niveau. Il s’agit, entre autres, de l’atelier international préparatoire de la 3è édition du Festival mondial des arts nègres de Dakar (FESMAN) prévue l’année prochaine au Sénégal ; de la 10è Conférence internationale sur l’étude et la conservation du patrimoine bâti en terre (TERRA 2008) qui avait réuni, à Bamako, plus de 400 universitaires, chercheurs et autres professionnels du domaine. Le projet d’aménagement du Parc national de Bamako et des berges du fleuve Niger au Palais de la Culture pour accueillir les grands spectacles, l’élaboration d’une stratégie de lutte contre la piraterie, en collaboration avec la Fédération nationale des artistes du Mali (FEDAMA), la diversification et l’intensification des axes de coopération avec des pays amis (tels que la Chine, l’Espagne, Angers en France….) constituent autant d’éléments qui témoignent de la vitalité de la politique nationale de promotion de la culture dans notre pays.

Pérennisation des activités majeures

L’une des missions prioritaires assignées au ministre Mohamed El Moctar était de parvenir à la pérennisation de certaines grandes manifestations culturelles du département. Parmi celles-ci, le Festival Triangle du Balafon de Sikasso. Organisée par le ministère malien de la culture, à travers la Direction nationale de l’action culturelle, en collaboration avec les ministères de tutelle des pays du Burkina Faso et de la République de Côte d’Ivoire, cette importante rencontre (qui tiendra bientôt sa 7è édition) poursuit son petit bonhomme de chemin.

 Son objectif est de promouvoir non seulement le balafon en tant que moyen d’expression culturelle, matérielle de civilisation et d’intégration, mais également d’établir, entre les pays voisins, des relations culturelles fondées sur des échanges d’expériences, la connaissance mutuelle et le respect réciproque.

L’autre défi sur lequel le ministre de la Culture était fortement attendu, c’était sans doute l’organisation de l’édition 2008 de la biennale artistique et culturelle à Kayes. Activité majeure du département, la biennale constitue le carrefour de l’expression artistique et de la diversité culturelle. Créée en 1958 sous l’appellation de «Festival africain de la jeunesse», elle constitue un cadre de rencontre et de dialogue entre les jeunes et les acteurs culturels des huit régions du pays et du district de Bamako. En organisant avec succès ce grand évènement, le ministre El Moctar a réussi un grand pari qui n’était pas gagné d’avance. On comprend alors aisément que l’édition 2010 prévue en décembre prochain à Sikasso suscite moins de scepticisme.

La pluralité et la diversité des festivals à l’intérieur attestent de la volonté des autorités de promouvoir la culture de notre pays. Mais ces manifestations artistiques et culturelles ne peuvent être organisées sans la mise à disposition de financement. D’où la mise en place (dans le cadre de la coopération avec l’Union Européenne pour le 10è FED) du Programme de développement économique et social de la culture (PADESC). D’un montant de 15 millions d’euros (soit 9,7 milliards de FCFA), ce programme s’étend sur 60 mois. La première phase (en cours) qui est de 36 mois, est dotée de 4,8 millions d’euros, soit plus de 3 milliards de FCFA.

 En clair, le PADESC a réuni toutes les conditions pour mieux informer les artistes et les opérateurs culturels à proposer des projets culturels en vue de valoriser le potentiel artistique.

Plus de 10 trophées remportés en deux ans

La remise d’un nouvel orchestre à l’Institut national des Arts (INA) et la construction (sur financement du Chef de l’Etat) de salles de spectacle à Kayes, Koulikoro, Koro, Diré, Tombouctou, Niafounké et Baraouéli...participent d’une volonté politique d’impulser une nouvelle dynamique à l’essor culturel de notre pays.

 Mieux, la participation du Mali à des festivals et autres grandes manifestations (tels les jeux de la francophonie au Liban, ou l’exposition universelle de Shanghai) constituent des indicateurs de l’évolution de la musique malienne.

On se rappelle qu’entre 2008 et 2009, les artistes maliens ont remporté près de quinze trophées à l’extérieur, qui ont été officiellement présentés au ministre El Moctar et au peuple. Pour l’année 2008, le Mali a ramené quatre trophées attribués au plasticien Abdoulaye Konaté (Directeur du Conservatoire des arts et métiers multimédia Balla Fasséké Kouyaté), au musicien Bassékou Kouyaté, au Groupe « Alacho » et à la chanteuse Sadio Sidibé. L’année 2009 a consacré la grande moisson pour nos artistes qui sont revenus avec 9 sacres. Il s’agit des artistes musiciens Bassékou Kouyaté, Mokobé Traoré, Rokia Traoré, Mamadou Diabaté et Salif Keïta ; des réalisateurs Ladji Diakité, Awa Traoré, Souleymane Cissé ; et de la comédienne Diarrah Sanogo dite « Bougouniéré ». Tout cela témoignage véritablement que l’art malien est présent à travers le monde.

Comme pour dire que plus que jamais, la culture malienne est débout en cette année du cinquantenaire de notre indépendance.
Issa Fakaba Sissoko
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Film « Da Monzon, la conquête de Samagnana » : DANS LES COULISSES DU TOURNAGE




Le journal l'Essor-Mali du 16 juin 2010.

C’est une nouveauté au Centre national de la cinématographie du Mali (CNCM) : une projection de presse sur le making off.

Une première qui entre dans le cadre d’une nouvelle dynamique de promotion du cinéma national. En effet, le tournage du long-métrage "Da Monzon, la conquête de Samagnana" a fait l’objet d’un autre film. Intitulé « making off », l’objectif de ce film est de montrer les conditions réelles de travail de l’équipe de production sur un plateau de tournage.
 Cela va des problèmes de moyens techniques et financiers aux peines physiques et morales endurées par les membres de l’équipe technique, les comédiens, le réalisateur et même le producteur, en passant par les tensions créées par la pression du travail et les risques d’accident.

 Le film produit par le CNCM est entièrement financé par l’État. Mais la postproduction sera assurée par la coopération danoise. Le projet avait démarré en 2008 quand le CNCM avait lancé un appel à proposition pour des scénarios sur des faits historiques de notre pays. La conquête de Samagnana par Da Monzon a été retenue et sa réalisation du film confiée à Sidi Diabaté.

 "En cette année du Cinquantenaire de l’Indépendance, il nous faut montrer le meilleur visage de notre pays à travers notre histoire", explique Moussa Ouane, le directeur du CNCM.

 Le costumier, Klétigui Dembélé, a témoigné que la difficulté de son travail est venue du nombre élevé de costumes à confectionner. En effet, il fallait habiller les 700 figurants et l’ensemble des acteurs. Cela n’était pas évident au départ. C’est le chanteur Abdoulaye Diabaté qui joue le rôle de Tientiguiba Danté, fils du chef des griots de Ségou.

 Il estime, au micro de Békaye Traoré, le réalisateur de ce making off, "qu’il s’agit d’une grande responsabilité que de tenir le rôle du griot de Da Monzon". Sur le plan technique, Mamadou Lamine Touré, l’un des deux directeurs photo, s’est dit heureux de pouvoir utiliser le CD CAM, une caméra adaptée au tournage de films avec beaucoup de mouvements.

 Il s’est félicité du fait qu’il n’y a aucun étranger sur ce plateau. Preuve que nous pouvons aujourd’hui faire des films en comptant sur les seules compétences nationales. Le film traite des préparatifs et la conquête de Samagnana par le roi Da Monzon Diarra. A cette époque, le Mali vivait encore la période des grands royaumes.

Un puissant royaume bambara s’était installé et ne ratait aucune occasion pour étendre ses tentacules sur des terres lointaines. Da Monzon fut le roi qui a étendu les frontières du royaume bambara de Ségou dans des proportions jamais atteintes. Dans sa volonté d’expansion du Royaume bambara de Ségou dans la zone de Samagnana, Da Monzon va y livrer la plus célèbre de ses batailles.

 Moussa Ouane a annoncé que "Da Monzon, la conquête de Samagnana" fera partie de la sélection officielle au FESPACO en mars prochain. Auparavant le CNCM et son partenaire danois auront fait projeter le film à l’occasion du cinquantième anniversaire de l’Indépendance le 22 septembre prochain dans certaines salles de Bamako.

Youssouf Doumbia
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Inventaire et conservation des manuscrits anciens : L’INSTITUT AHMED BABA FAIT ECOLE


Le journal l'Essor-Mali du 10 Juin 2010.

L’inventaire et la conservation des manuscrits anciens font l’objet d’une session de formation depuis lundi à l’Institut Ahmed Baba de Tombouctou.
Ce stage sous-régional qui s’achève demain regroupe des bibliothécaires privés et familiaux venus du Sénégal, de Guinée, du Burkina Faso, de Côte d’Ivoire et du Mali. Il a été initié par l’Organisation islamique pour l’éducation, les sciences et la culture (ISESCO) en partenariat avec la Commission malienne pour l’UNESCO et l’Institut des hautes études et de recherches islamiques Ahmed Baba de Tombouctou.
 La formation permettra aux participants de partager l’expérience de l’Institut Ahmed Baba en matière d’Inventaire et de conservation des manuscrits anciens. Pape Toumané N’Diaye, représentant le directeur général de l’ISESCO à Rabat, constatera ainsi que « quatre ans après, l’écho de la grandiose célébration de Tombouctou, comme première capitale de la culture islamique pour l’Afrique subsaharienne, résonne toujours en nous.
 C’est donc avec joie et émotion que l’ISESCO est de retour dans la Cité aux 333 saints, la Cité bibliothèque, qui a produit tant de lumières qui brillent au firmament du savoir ». Digo Sangaré, le directeur du cabinet du gouverneur, a, lui, mis l’accent sur l’importance de la transmission et de la sauvegarde des manuscrits anciens qui sont, entre autres, l’essence de l’identité et des valeurs culturelles islamiques dans un environnement de plus en plus menacé par la globalisation.
 Le Dr. Galla Dicko, directeur de l’Institut Ahmed Baba, représentant le secrétaire général de la Commission malienne de l’UNESCO, s’est réjoui de la tenue d’une telle rencontre à Tombouctou. Il a salué les efforts déployés par le Mali, l’UNESCO, l’ISESCO en matière de sauvegarde, de valorisation et de conservation des manuscrits anciens dont l’importance n’est plus à démontrer.
 Il a assuré les participants que l’institut s’attachera à la réussite de leur formation. La session renforcera donc les compétences en matière d’inventaire et de conservation des manuscrits. Elle permettra aussi de lutter contre leur trafic illicite et de développer la recherche. Cette formation est la deuxième organisée, après celle tenue toujours à Tombouctou les 22, 23 et 24 juillet 2008, à l’attention des professionnels de la conservation des manuscrits.
Moulaye Sayah (AMAP - Tombouctou).
Source de l'image: http://www.akdn.org/assets/3/771.jpg

lundi 14 juin 2010

Festival sur le Niger : PROPOSITIONS DE RECADRAGE




Le journal l'Essor-Mali du, 11 Juin 2010.
Source image : http://www.thisfabtrek.com/journey/africa/mali/20080202-segou/festival-sur-le-niger-sunset-pirogues-cu-4.jpg

Dans le souci de discuter avec les habitants de Ségou et de renforcer la communication locale, la direction du Festival sur le Niger a organisé le 5 juin dernier, un forum sur les enjeux et les perspectives de cette manifestation culturelle.

La rencontre s’est déroulée dans la salle de spectacle Meruba à Ségou. Elle a regroupé toutes les forces vives et les acteurs du développement de la ville de Ségou : responsables de la mairie, autorités et associations religieuses (le grand Imam, le président régional du Haut conseil islamique, l’Association des jeunes musulmans, l’imâmat), membres de la coordination des chefs de quartier, du Conseil régional de la société civile.

L’association des griots de Ségou, les chasseurs, la presse locale, les partis politiques, l’association des hôteliers et restaurateurs de la ville, la coordination locale des jeunes, l’antenne locale de la Coordination des associations et ONG féminines… tous étaient là. L’objectif du forum était de créer un cadre d’échanges et de concertation entre les acteurs du développement, les chefs religieux et coutumiers, les forces vives et la direction du Festival afin d’améliorer tous les aspects liés à l’organisation de la manifestation.

La cérémonie d’ouverture a été présidée par le conseiller administratif du gouvernorat de Ségou. Le forum a été le cadre de débats très ouverts et constructifs qui ont abouti à d’importantes recommandations. Parmi celles-ci, l’on peut retenir l’installation d’un cadre de concertation composé des représentants des ordres religieux et coutumiers, de la société civile et des organisateurs du festival, l’implication de la Brigade des mœurs dans l’organisation du festival, l’élaboration d’une charte du festival à l’attention des festivaliers et des touristes. Il est prévu de renforcer la communication locale.

Les participants au forum ont également estimé souhaitable, au regard de la faible capacité d’accueil du site actuel, de délocaliser la manifestation ou de trouver un second site. Le festival qui appuie déjà l’économie locale et contribue à l’assainissement de la ville est encouragé à soutenir également le secteur de l’éducation.

dimanche 13 juin 2010

Littérature : Mamadou Traoré explore l’univers merveilleux des noms dogon



Le journal Le Republicain-Mali du, 08 Juin 2010.


« Patronymes, patrimoine et identité, noms et mots Dogon » est le titre du livre publié à titre posthume par Mamadou Traoré dans la collection « Cinquante voix » de la maison d’édition la Sahélienne. Ce livre d’une valeur ethnographique exceptionnelle, écrit par un Malien sur le peuple Dogon, était le 3 juin 2010, à l’honneur à la Maison des jeunes de Bamako.

« Mad’Traoré nous a quittés. Venez découvrir son livre en participant à la cérémonie d’hommage ». C’est par cette phrase que la Sahélienne et les amis de Mamadou Traoré, parmi lesquels le peintre Ismaël Diabaté et Mbouillé Siby, ont ténu à convier les Maliens à venir rendre hommage à Mamadou Traoré, auteur du livre « Patronymes, patrimoine et identité, noms et mots Dogon ».

Dans la présentation du livre, Anne Doquet, anthropologue à l’IRD, a estimé que l’ouvrage est petit de taille, à peine 60 pages, mais très grand par sa valeur anthropologique. Selon elle, le livre commence par une présentation classique de la société Dogon, avant d’aborder le « lexique de la vie culturelle et quotidienne Dogon ». « L’auteur a reçu à répertorier les patronymes Dogon », a-t-elle déclaré.

Avant d’indiquer que de mémoire d’anthropologue, « jamais les patronymes Dogon n’ont été aussi répertoriés ». Et pour cela, elle a estimé que le livre de Mamadou Traoré est « un véritable renouvellement des données anthropologiques sur les Dogons ». Pour sa part, le Pr. Mamadou Bani Diallo, conseiller technique du ministre de la culture, a estimé que « grâce à ce livre Mamadou Traoré n’est pas mort. Il est parmi nous à travers son ouvrage ». Il a ensuite indiqué que les livres peuvent nous aider à perpétuer nos traditions.

Pour cela, il demandera de battre en brèche la théorie qui consiste à opposer la tradition au modernisme. Selon lui, la tradition n’est que mouvement et comme tel ne saurait s’opposer au modernisme. « Ce livre montre tout le dynamisme de la culture malienne à travers la culture Dogon », a-t-il conclu. Après la présentation du livre, ce fut ensuite la série des témoignages. Mais, on retient que Mamadou Traoré dit Mad’Traoré est né en 1947 à Ansongo au Mali. Enfant, il visite le Mali partout où les mutations de son père, météorologue, le conduisent. Il a été scolarisé en 1953 à Sévaré, aux portes du pays Dogon.

Après le collège à Nioro du Sahel, il a fait ses études à l’Institut national des Arts, avant d’effectuer un stage en France pour devenir conseiller culturel à la direction régionale de la jeunesse de Ségou. Au cours de sa carrière, il exerce la fonction de directeur régional à Kayes, à Bamako et à San. Il a recueilli au cours de sa vie un vaste corpus sur la plupart des groupes ethniques du Mali. « Mamadou Traoré, nous a quittés au moment où nous mettions ce livre sous presse », a conclu l’éditeur Ismaël Samba traoré.

Assane Koné

lundi 7 juin 2010

Exposition universelle de Shanghai : la journee du Mali



















Le journal l'Essor-Mali du, 07 Juin 2010 (texte et images).

L’exposition universelle de Shanghai avait retenu le 31 mai comme la journée du Mali. Celle-ci était placée sous la présidence du ministre des Maliens de l’extérieur et de l’Intégration africaine, Badara Aliou Macalou, et du commissaire général adjoint à l’Expo universelle 2010, Zhang Zhijiani. La cérémonie de lancement de la journée s’est déroulée en présence du ministre de la Culture, Mohamed El Moctar, du président de la commission d’organisation du Cinquantenaire de l’indépendance, Oumar Hamadoun Dicko, du commissaire général de l’exposition du Mali, Mahamane Assoumane Touré et du directeur du département pour l’Afrique de l’exposition, Chen Jintian.
De nombreux responsables de la ville de Shanghai étaient présents. La journée du Mali a été marquée et placée sous le signe de l’amitié sino-malienne. Ainsi, dans les différents pavillons de l’exposition, des affiches et des écrans géants vantaient la qualité des relations entre notre pays et la Chine. On pouvait lire entre autres « Chine-Mali : 1960-2010, 50 ans de relations diplomatiques constantes », « Le Mali et la Chine, une amitié sincère ». Rappelons que le thème de l’exposition universelle de Shanghai est « Meilleure ville, meilleure vie ». En rapport avec ce thème, notre pays a choisi le sous-thème de « la prospérité de l’économie urbaine ».
A travers cette thématique, le Mali entend faire connaitre à la communauté internationale les progrès réalisés et les perspectives à court, moyen et long termes d’assurer le bien-être de nos compatriotes. La cérémonie a débuté par la montée des couleurs nationales à côté du drapeau de la République Populaire de Chine. Ce furent des instants de fierté pour l’imposante délégation malienne présente. Souhaitant la bienvenue à cette délégation, le commissaire adjoint à l’Expo 2010, Zhang Zhijian, a au nom du gouvernement de la République Populaire de Chine, félicité notre pays pour sa participation remarquée et de qualité à cette exposition. « L’exposition du Mali est authentique. Les objets exposés sont d’une gamme riche et variée. Cela traduit la richesse culturelle du Mali. D’ailleurs, le Mali et la Chine ont beaucoup de points communs.
C’est cette même richesse culturelle qui fait aussi la fierté de la Chine. Je suis convaincu que le stand du Mali aura un franc succès au cours de cette exposition », a commenté Zhang Zhijian. Et le commissaire adjoint de l’exposition universelle de poursuivre : « Cette exposition bénéficie d’un grand appui de la communauté internationale et des pays comme le Mali qui ont cru en la Chine et grâce auxquels la Chine a été admise à l’ONU. Malgré, les différents changements de régime politique, le Mali est resté fidèle à la République Populaire de Chine depuis 50 ans. De fait, aujourd’hui le Mali est un partenaire privilégié de la Chine en Afrique ».
De son côté, le ministre des Maliens de l’extérieur et de l’Intégration africaine, Badara Aliou Macalou, a remercié les autorités chinoises pour toutes les facilités dont la délégation malienne a bénéficié depuis le début de l’exposition. « Dédiée une journée au Mali est une fierté pour le pays, mais aussi une opportunité de rencontres et d’échanges sur le thème emblématique qu’est « Meilleure ville, meilleure vie ». Cette exposition est un cadre où chaque nation peut s’exprimer librement sur la base de ses propres idées et programmes. Illustration éloquente de la pertinence de la coopération multilatérale, cet évènement contribue non seulement à accroitre les échanges culturels et commerciaux entre les nations, mais aussi à former un consensus global sur des intérêts communs.
C’est également une vitrine pour nos pays exposer ce qu’ils ont de plus précieux », a dit le ministre. Parlant des enjeux de la célébration du Cinquantenaire de l’Indépendance de notre pays, Badara Aliou Macalou, a décrit un moment exceptionnel de communion, d’introspection et de rétrospection positive pour notre pays afin de lui permettre de renouer avec ses valeurs et de sceller son unité et sa cohésion. « Ce cinquantenaire correspond aussi aux 50 ans d’une histoire de coopération partagée avec la République Populaire de Chine. Une coopération fondée sur l’amitié sincère, la solidarité et le respect mutuel.
En un demi-siècle de coopération, la Chine a accompagné notre pays dans tous ses combats pour le développement. Parmi les exemples récents de projets, on peut citer le troisième pont de Bamako, l’hôpital du Mali, de l’autoroute Bamako-Ségou, le barrage de Taoussa », a énuméré le ministre des Maliens de l’extérieur et de l’Intégration africaine, en rappelant la récente décision des autorités chinoises de mettre à la disposition de notre pays un parc de véhicules VIP pour la célébration du Cinquantenaire. La cérémonie a été agrémentée par les notes du groupe du chanteur balafoniste Nièba Solo.

Doussou Djiré.

vendredi 4 juin 2010

Entreprenariat culturel : La formation des artistes par le jeu



Le journal Le Republicain-Mali du, 01 Juin 2010.

L’Association culturelle « Balani’s » organisera du 23 au 30 juillet 2010, la deuxième édition de l’université d’été de Bamako, placée cette année sous le thème : « entreprenariat culturel et industrie créative ». En prélude à cette organisation, l’hôtel Nord Sud abrite, depuis le 27 mai 2010, un atelier préparatoire de deux jours sur « Vantagepoint » ou le jeu de l’entreprenariat.

Il est admis depuis des années par les d’experts que le Mali, au regard de son potentiel culturel, est une véritable mine en Afrique et pourquoi pas de plus en plus dans le monde. Pour refuser l’image d’une Afrique qui mendie assise sur une mine d’or, les initiatives se multiplient pour amener le Mali à placer la culture au centre de son développement économique. Et cela ne pourra jamais se réaliser en l’absence de la création d’une économie de la culture dans le pays. Du coup, l’existence d’industries culturelles, à travers des opérateurs culturels bien formés devient un passage obligatoire.

Et c’est pour apporter sa contribution à cette grande problématique que l’Association culturelle « Balani’s » a décidé d’inscrire le thème de l’ « entreprenariat culturel et industrie créative » au centre de l’édition 2010 de son université d’été de Bamako. Mais, pour amener les artistes et opérateurs culturels maliens à se mettre dans la peau d’entrepreneurs, en prévision de son université d’été, l’Association « Balani’s », en partenariat avec « The cultural development trust » d’Afrique du Sud, a décidé de les faire découvrir « Vantagepoint » ou le jeu de l’entreprenariat.

« Tout en restant ludique, Vantagepoint permet de former les artistes et les opérateurs culturels sur le plan technique à la bonne gestion de leur business », a indiqué Igo Diarra, Directeur de « Balani’s » et Président de l’Université d’été de Bamako.

Il a ajouté que Vantagepoint est un jeu instructif et va aider les artistes et opérateurs culturels à rapidement comprendre les règles d’une gestion réussie. Pour sa part, Maria Kint de « The cultural developement trust » a rappelé le fort potentiel du Mali dans le domaine culturel et a estimé que le partenariat entre sa structure et « Balani’s » ne peut qu’annoncer des lendemains meilleurs pour un pan de la culture malienne.

En ce qui concerne le jeu, elle dira qu’avec la mondialisation, il est de plus en plus demandé aux artistes de chercher des canevas générateurs de revenus. Selon elle, « Vantagepoint » a été crée pour plonger les artistes dans un environnement propre au monde des affaires afin qu’ils comprennent le business et ses exigences.

Assane Koné

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mardi 1 juin 2010

Les ruines d’Essouk : UN PATRIMOINE CULTUREL NATIONAL INCONNU
















Le journal l'Essor-Mali du, 31 Mai 2010.



Le site historique d’Essouk a été, à un moment de l’histoire, le point de jonction entre le Maghreb et l’Afrique au sud du Sahara.

Les caravanes de sel, les marchands d’esclaves et des produits de l’Afrique noire, seraient à l’origine de la création du vieux centre commercial du grand nord malien. Il fut très florissant entre le IXème et le XIIème siècle. En 1999 les ruines ont été inscrites sur la liste indicative des biens culturels maliens susceptibles d’être classés sur la liste du Patrimoine mondial de l’UNESCO. Le 31 juillet dernier, a été signé le décret portant classement des ruines d’Es-Souk dans le patrimoine culturel national.

Les ruines d’Es-Souk couvrent une superficie de 60 hectares et englobent les éléments suivants : les ruines et gravures rupestres, écriture en tifinar, en arabe. Les gravures rupestres avec écriture en tifinar et une vingtaine de chars Garamantes ; les Nécropoles avec stèles inscrites en arabe ; et les mosquées principales des ruines centrales. Le chef-lieu de la commune d’Essouk est situé à la lisière méridionale du Sahara, à 60 km au nord-ouest de la ville de Kidal, sur le bord de l’oued. Il est implanté sur le site historique du même nom, Essouk.

Le recensement général de la population et de l’habitat de 1998, donne à la commune une population de 1365 hts, soit 6,22 % de celle du cercle de Kidal et 2,60 % de celle de la région. La commune rurale d’Essouk s’étend sur environ 25 000 km2. Elle est limitée au Sud par les communes de Kidal et Anefis, au Nord et à l’Ouest par la commune d’Agel hoc, à l’Est par la commune d’Abéïbara. Le Mali a pris à partir des années 1990 un ensemble de textes législatifs et réglementaires de protection et de promotion du patrimoine culturel national.

Cette décision fait suite aux conventions internationales ratifiées et à l’action de l’UNESCO en vue de la protection du patrimoine culturel. Il y a urgence de prémunir nos richesses archéologiques contre les dangers de dommage ou de destruction. Ces menaces se traduisent sur le terrain par le vol des biens, les fouilles clandestines ou le trafic illicite. L’ordonnance n°01- 032/ P-RM du 3 août 2001confie la mission de protection, selon le directeur de la mission multure d’Essouk Mohamed Ag Erless, aux missions culturelles de Bandiagara, de Djenné et de Tombouctou.

Il s’en est suivi, a-t-il ajouté, la création de la mission culturelle d’Essouk-Tadamakat par l’Ordonnance N° 02 / P-RM du 05 Juin 2002. Elle a été créée, au départ pour une durée de cinq ans comme service rattaché. Elle assure la mise en œuvre de la politique nationale en matière de préservation et de mise en valeur du patrimoine culturel sur le site d’Essouk. La mise en valeur du site historique d’Essouk, explique Mohamed Ag Erless, par des actions d’aménagement, de restauration, de conservation et de sécurisation est un facteur de développement économique de la région par le tourisme et les échanges commerciaux.

Des fouilles archéologiques pourraient dévoiler une partie très importante de l’histoire du Mali et de toute l’humanité. La mission culturelle d’Essouk est chargée d’inventorier les biens culturels mobiliers et immobiliers présents sur le site. Elle collecte, traite et diffuse les données écrites et orales de l’histoire locale. Elle élabore et met en œuvre un plan d’aménagement et de sauvegarde du site. La participation des structures communautaires et des associations culturelles à la gestion du site est prioritaire dans le programme.

UNE CITÉ MÉDIÉVALE.

Le site historique d’Essouk, est un trésor peu connu des populations maliennes et de la communauté internationale. La population autochtone de la région de Kidal, connaît mal le passé de la cité médiévale d’Essouk, le rôle qu’elle a joué dans les relations entre l’Afrique du Nord et l’Afrique au sud du Sahara, son importance socio-économique et culturelle aujourd’hui. Cette ignorance vient du fait que l’histoire de l’Adagh (Adrar des Iforas) souffre d’un déficit de vulgarisation. La littérature sur ce riche passé se trouve exclusivement entre les mains de quelques intellectuels (historiens, chercheurs).

Le public n’en a pas accès pour s’informer. La mission culturelle d’Essouk oeuvre à combler ce déficit de communication. L’objectif de la Mission, a fait savoir, Mohamed Ag Erless, est de favoriser une plus large connaissance d’un pan de son histoire aux Maliens et à la communauté internationale, à travers le site historique d’Essouk-Tadamakat. L’existence de ce joyau mérite d’être connue. Les démarches engagées par nos autorités pour son classement « Patrimoine mondial de l’UNESCO » seront couronnées de succès. Malgré l’absence de grandes montagnes, la commune d’Essouk est très accidentée.

A l’ouest elle est dominée par le prolongement de la chaîne de montagne d’Illibdjane. Au Nord est occupé par des belles montagnes de Timadjalen, un véritable « enjoliver ». Les deux grandes vallées d’Ibdakan et Eghacharsadiden se fraient un passage dans cet ensemble très rocailleux, parfois difficile, pour rejoindre le Telemsi. Toute la partie Est et Nord de la commune connaît un ensablement progressif et intensif. Le chef lieu Essouk, risque d’en être la première victime si des dispositions ne sont pas prises. La Commune rurale d’Essouk connaît trois grandes saisons : la saison sèche et chaude de mars à mai, la saison humide (hivernage) de juin à septembre, la saison sèche et froide de novembre à février.
Malgré l’absence de données météorologiques, il est constaté une baisse considérable de la pluviométrie, année après année. La végétation ligneuse est de plus en plus réduite aux épineux (surtout les acacias s/p) et concentrée dans les vallées peu humides. Les vallées comme Essouk et Tekankant recèlent encore des espèces végétales visibles seulement dans les latitudes beaucoup plus humides du sud. La végétation herbacée est directement liée à l’importance des pluies. La commune est arrosée par les deux vallées importantes d’Ibdakan et Eghacharsadiden et leurs affluents.

Leurs eaux pendant l’hivernage réapprovisionnent les nappes souterraines et les mares saisonnières. Le village d’Essouk est situé sur l’un des plus vieux sites de sédentarisation, voire d’urbanisation du moyen âge. Il se développe à un rythme très lent. L’artisanat, utilitaire et le petit commerce occupent une partie de la population. L’activité économique principale reste de loin l’élevage de bovins, de camelins, d’ovins, de caprins. Les activités économiques de la commune sont accompagnées par des partenaires techniques et financiers. Ce sont, notamment, le Programme d’appui au développement décentralisé de Kidal (PADDECK), l’Action contre la Faim (ACF), le DDRK, le Programme alimentaire mondial (PAM), Médecins du monde, la Mission culturelle (à travers le Budget spécial d’investissement), l’Agence nationale d’investissement pour les collectivités (ANICT).
La commune est administrée par le conseil communal, composé de 11membres élus en avril 2009 pour un mandat renouvelable de 5 ans. L’organe exécutif est composé du maire et de ses 3 adjoints. La tutelle est assurée par le préfet de Kidal et un sous préfet qui réside dans le chef-lieu de la commune. Très peu de services techniques déconcentrés de l’État sont installés dans la commune.