vendredi 30 avril 2010

Résidence d’écriture cinématographique : Afridoc sort huit projets de scénario de son laboratoire




Le journal Le Republicain-Mali du, 29 Avril 2010.

Le 23 avril 2010, les lampions se sont éteints sur la résidence d’écriture cinématographique, initiée par l’Association Afridoc-Mali. La moisson a été bonne : huit projets de scénario ont été améliorés.

Sous l’égide de Afridoc-Mali, des jeunes venus de la Mauritanie, du Sénégal, de la Côte d’Ivoire, du Bénin et du Mali, sous la direction des encadreurs Jean Louis Gonnet, Sani Nagori, Dominique Garing et Awa Traoré ont, pendant 15 jours, peaufiné leurs techniques et méthodes d’écriture cinématographique. A la cérémonie de clôture de la résidence d’écriture, Sani Nagori, réalisateur Nigérien de films documentaires, a indiqué que les huit projets d’écriture ont été sélectionnés parmi 40 autres, pour bénéficier d’un accompagnement. Dominique Garing, réalisateur français, a annoncé que parmi les huit projets, quatre seront sélectionnés pour les rencontres de « Louma Denk » de Saint-Louis.

Ces précisions faites, les réalisateurs qui ont participé à la résidence d’écriture, ont à tour de rôle exposé leur projet. Arnaud Akoha, venu du Bénin, dans un documentaire de 52 mn intitulé « Si j’avais su », se propose à travers l’histoire de trois veuves béninoises, de plonger sa caméra dans la souffrance qu’elles subissent après la mort de leur mari. Notre compatriote Boubacar Sidibé, dans un film documentaire de 52 mn, intitulé « Bolon », se propose d’aborder les difficultés des enfants de la rue. Moussa Koumaré, à travers son film de 52 mn, intitulé « Ces autres femmes » veut interroger cette nouvelle forme de mendicité pratiquée par des vieilles femmes. De son côté, Boubacar Gakou, choqué par les conditions désastreuses des paysans de l’office du Niger, a décidé d’y plonger l’objectif de sa caméra.

A travers son film « Terre vertes » d’une durée de 52 mn, il compte porter à l’écran les grandes préoccupations des riziculteurs de l’office du Niger. Quant à Karim Sanogo, il s’est fixé la lourde mission da faire la promotion du « Root art » à travers l’histoire de Drissa Konaté, jeune malien né cent après le célèbre Picasso, main qui est parvenu à se forger un chemin dans la peinture, bien qu’il soit autodidacte. Le sénégalais Balla Thiam, avec son film de 52 mn intitulé « Fatou, femme sérère », veut attirer l’attention sur un phénomène nouveau au Sénégal : l’exode des femmes sérères à destination de Dakar. « Sans être préparées, elles quittent leurs villages pour la capitale, dans l’espoir d’y travailler pour ramener un peu d’argent au village, mais elles sont le plus souvent surprises par les affres de la vie », a-t-il indiqué. Venue de la Mauritanie, Ethmane Diagana, à travers son film « Mémoire noire », se propose de rappeler à l’humanité qu’en 1988, à la faveur d’un coup d’Etat manqué en Mauritanie, plus de 350 militaires, tous noirs, allaient trouver la mort dans les camps de concentration d’Inal, Azzlat et Jreida. Rokia Diallo, la seule dame du groupe, originaire de Khasso, à travers un documentaire intitulé « La princesse de Khasso », veut rendre hommage à Sanou Diallo, la dernière princesse du Khasso. Et, au passage, elle veut faire l’historique de la célèbre chanson « Koussa ». En marge de la résidence d’écriture, il faut dire qu’il y a eu une résidence de production à l’intention des jeunes producteurs africains.

Face à tant de diversité et surtout à la pertinence des thématiques, Awa Traoré, secrétaire général de Afridoc-Mali, a indiqué que l’objectif de son association est d’amener des jeunes africains à s’intéresser à la réalisation et à la production pour l’émergence d’un marché de films documentaires en Afrique.

Assane Koné

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